myriam

Inscrit le : 26 Juin 2006 Messages : 72
| Sujet: Re: Le Coran : Un exemple d'interprétation erronée ? Lun 30 Avr - 14:37 | |
| Bonjour Cécile J'ai lu l'article de Laleh Bhaktiar. Merci de faire connaître cela. Elle dit :
| Citation: | | Puisque ce passage qui autoriserait les hommes à battre leurs femmes dans certaines circonstances lui paraît contredire tout ce que l'on connait du comportement du Prophète (qui n'aurait jamais frappé une femme), c'est donc que l'interprétation en est erronée, estime-t-elle. Après de longues réflexions, Bhaktiar découvrit dans un dictionnaire que le mot arabe utilisé dans ce passage pouvait également signifier non pas "frapper", mais "s'éloigner". Le Coran donnerait donc simplement l’ordre de “s’éloigner” de sa femme dans des situations conflictuelles, ce qui pourrait en effet être cohérent avec l'idée de laisser la femme dans une chambre à part. Bhaktiar conclut que le terme a tout simplement été interprété de travers depuis des siècles. Elle estime en outre que, à l'heure où l'on s'efforce de venir en aide aux femmes battues, une telle révision vient à point. |
Cela me rappelle un texte écrit par une musulmane (que j'ai en pdf je ne trouve plus le lien http) qui explique que :
| Citation: | | ".... le Coran prend en compte la nature même des êtres humains et le besoin d’une “période de gestation” pour atteindre un stade supérieur de développement et de communication.".... "La philosophie coranique de gradualisme est fondée sur le fait que les changements fondamentaux de la conscience humaine ne s’opèrent généralement pas du jour au lendemain. Au lieu de cela, ils exigent une période de gestation individuelle ou même sociale. Pour cette raison, le Coran fait appel à une approche progressive du changement des coutumes, croyances et pratiques bien ancrées, excepté pour les thèmes fondamentaux, comme la croyance dans l’unicité de Dieu et la prophétie de Mohamed (SAW). Il est évident que, sans ces croyances fondamentales, le message coranique n’assumerait pas son importance divine appropriée." |
Ce qui ne contredit pas ce qu'écrit Laleh Bhaktiar dans le lien que vous donnez. Je pense que les interprétations et traductions au fil des années peuvent être erronées pas complètement peut-être mais mal comprises dans leur sens (plus littéral qu'avec l'esprit). De plus Dieu ne dit-Il pas à Mikal de corriger voire réécrire le Coran aussi ??
Je me permets de vous envoyer l'extrait qu'écrit Azizah Yahia al-Hibri
DROITS DES FEMMES MUSULMANES DANS LE VILLAGE MONDIAL : DEFIS ET OPPORTUNITES Par Azizah Yahia al-Hibri
Violence contre les femmes et son enracinement culturel On trouve un autre exemple de gradualisme coranique dans le verset le plus cité pour justifier la violence contre les femmes. Il stipule que: Coran 4:34. “quant aux femmes dont vous redoutez la déloyauté et la mauvaise conduite, admonestez-les (d’abord), refusez (ensuite) de partager leur lit et (enfin) battez-les (légèrement).” [note de l’ éditeur] Nous allons donc examiner maintenant ce verset, ainsi que les circonstances de sa révélation. La société de la Jahiliyyah était une société désertique brutale, en proie à des guerres tribales. De nombreux hommes de la Jahiliyyah battaient leurs femmes. Ils ont ont apporté et intégré cette pratique à l’Islam et étaient si violents que les femmes se plaignirent au Prophète (SAW) de leur situation. Agissant de son propre chef, le Prophète (SAW) interdit cette pratique en donnant à l’épouse le droit de qisas (châtiment). Le soir même, les hommes se plaignirent vivement. Ils allèrent trouver le Prophète et revinrent sur le problème, prétendant que la solution apportée par le Prophète permettait aux femmes d’avoir le dessus. À ce moment-là, le Prophète demanda et reçut une révélation qui reflétait la philosophie coranique du gradualisme. Le verset semblait contredire le Prophète. Le Prophète lui-même affirma, lorsqu’il reçut la révélation, que “Mohamed le voulait, mais que Dieu ne le voulait pas (interdire aux hommes de manière catégorique de “battre” leur épouse).” Cependant, comme nous le verrons par la suite, la révélation a simplement changé l’approche prescrite par le Prophète pour faire disparaître la maltraitance des femmes. Elle n’a pas autorisé la maltraitance des femmes. Elle n’a fait qu’introduire une phase transitoire en vue du changement, tout en préservant la vision coranique des relations conjugales idéales. Le fait que les “versets du Coran s’expliquent l’un l’autre” est une règle jurisprudentielle de l’Islam. Autrement dit, le Coran forme un tout et la signification exacte et complète d’un verset ne peut donc être comprise sans tenir compte des autres versets du reste du Coran. Sur la base de ce principe jurisprudentiel fondamental et du principe qui revendique la cohérence interne profonde du Coran, j’aborde maintenant un célèbre verset du Coran que les premières musulmanes inséraient parfois dans leur contrat de mariage. Ce verset impose aux époux de “vivre ensemble dans la gentillesse ou de se quitter charitablement.” (Coran 2:231) Sur la base de ce verset du Coran notamment, les juristes musulmans ont revendiqué le principe d’interdiction de se faire du mal entre époux (la dharar wala dhirar). Ce principe sous-tend encore de nombreuses dispositions des codes de statut personnel modernes dans les pays musulmans. Par ailleurs, une musulmane a le droit de poursuivre son mari en justice ou de divorcer pour maltraitance. Le Prophète a lui-même dénoncé à plusieurs reprises la maltraitance des épouses. À une occasion, il a demandé “Comment l’un d’entre vous peut-il frapper son épouse comme un animal, et ensuite l’embrasser ?” A une autre occasion, il a demandé : “Comment l’un d’entre vous peut-il fouetter son épouse comme un esclave, alors qu’il dormira probablement avec elle à la fin de la journée ?” Le Prophète (SAW) a également rappelé différentes descriptions coraniques de relations conjugales idéales, il a expliqué aux hommes : “Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui traitent le mieux leur femme.” Il a ajouté : “et je suis le meilleur d’entre vous à cet égard.” Cette déclaration est capitale compte tenu de l’importance que les musulmans accordent à suivre l’exemple du Prophète. Il n’a jamais levé la voix chez lui, ne s’est jamais mis en colère et n’a jamais demandé à quelqu’un d’autre de le servir. Il coupait la viande, s’occupait des enfants et cousait ses chaussures. Pourtant, de nombreux hommes musulmans oublient aujourd’hui ces importantes prescriptions et ces exemples prophétiques et limitent leur imitation du Prophète au style de ses vêtements ou à ses habitudes de présentation. Comment réconcilier tous ces faits, coraniques et prophétiques, avec le seul verset coranique permettant aux maris de “frapper” leur femme ? Comment réconcilier ce verset avec l’insistance continue du Prophète pour que les maris s’abstiennent de battre leur femme ? Nous devons le faire en développant encore notre réflexion sur la signification coranique, ce qui n’est pas un processus rapide. À ce sujet, je vais aborder certaines étapes de ce processus pour illustrer mon propos.
LA PHILOSOPHIE DU GRADUALISME ET LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES Voici comment la philosophie du gradualisme a été utilisée dans le contexte de la maltraitance des femmes. Tout d’abord, le Coran a imposé au mari différentes limitations avant qu’il ne soit autorisé à «frapper». Il devait d’abord communiquer avec son épouse. L’homme doit faire connaitre à son épouse la chose qu’il lui reproche. Cette étape donne à l’épouse l’occasion de répondre et de s’expliquer. Si la malentendu n’est pas résolu par la communication et que le mari est toujours en colère, il peut s’isoler physiquement de son épouse pendant un moment. De nombreux juristes ont considéré que ces étapes étaient dirigées contre l’épouse, tout d’abord en l’admonestant, et ensuite en la faisant souffrir « d’abandon sexuel. » Il est évident qu’ils passent à côté du point fondamental. Les étapes prescrites sont destinées à gérer la colère d’un homme patriarcal agressif susceptible d’utiliser la force en premier recours. Ensuite, le Coran exclut complètement la possibilité pour les femmes vertueuses d’être «frapper». Il limite cette possibilité à des cas extrêmes dans lesquels le nushuz est craint par le mari. Selon la majorité des juristes, nushuz est un mot qui apparaît dans le contexte du verset pour désigner la déloyauté envers le mari, l’aversion, la désobéissance ou les dissensions. Cette interprétation est discutable, car le Prophète lui-même semble avoir interprété le mot “nushuz” différemment dans son Khutbat al-Wadaa’. Selon diverses versions de ce qui a été rapporté, le Prophète a déclaré dans ce discours, "(Vous les hommes] avez des droits sur les femmes et elles ont des droits sur vous. Vous avez le droit qu’elles ne ramènent pas quelqu’un que vous n’aimez pas dans votre lit ou qu’elles ne commettent pas un adultère évident (fahishah mubayyina). Si elles le font, Dieu vous a permis de les abandonner dans leur lit et [ensuite] de les battre légèrement. Si elles arrêtent, vous êtes obligé de les entretenir)]" Malheureusement, certains juristes ont interprété le mot fahishah mubayyana au sens large en incluant la désobéissance au mari dans des questions futiles. D’autres ont, cependant, prétendu qu’il s’agissait simplement de l’adultère. Nous allons maintenant aborder plus en détail cette question, avant de répondre à la dernière question de cette discussion, à savoir “ En quoi consiste le fait de «frapper»?”De nombreux juristes vivant dans des cultures patriarcales ont élargi la définition de fahishah mubayyana de manière conséquente. En élargissant cette définition, ils ont agrandi le champ des cas où le mari peut se permettre de “frapper”, ce qui va à l’encontre de la lettre et de l’esprit du Coran stipulant que le mari doit vivre avec sa femme dans la gentillesse ou la quitter charitablement. Néanmoins, même si nous acceptions la définition au sens large du fahishah mubayyina, l’homme ne peut toujours pas “frapper” son épouse en premier recours ; la majorité des érudits sont d’accord sur ce fait. Plusieurs étapes sont nécessaires avant de pouvoir “frapper.” En cas d’échec de toutes ces étapes, le mari pourrait alors revenir à son approche originale consistant à “frapper” son épouse.
Le concept coranique de “frapper” Mais qu’entend-on par “frapper” dans ce cas ? De nombreux érudits ont réfléchi sur la permission coranique de “frapper” une épouse et les circonstances concomitantes. Compte tenu de leur profonde croyance dans la justice islamique, ils se sont rendus compte qu’ils devaient étudier le Coran plus en profondeur pour mieux comprendre ce verset. Ainsi, ils ont interprété ce passage, comme il se doit, à la lumière des principes de base régissant les relations conjugales telles qu’exprimées dans le Coran et par le Prophète. Cette approche les a forcés à modifier leur compréhension commune de l’acte de “frapper” dans le cadre des relations conjugales. Par conséquent, ces juristes ont défini une série de limitations redéfinissant l’acte de “frapper” en lui-même. Par exemple, l’homme ne peut pas frapper son épouse sur le visage. De plus, tout acte de “frapper” qui est injurieux ou laisse des traces sur le corps de la femme peut engendrer une action pour infraction pénale. De plus, si le mari atteint ce stade malheureux de “frapper,” il ne peut frapper son épouse qu’avec quelque chose d’aussi doux qu’un miswak (une petite branche douce fibreuse utilisée comme brosse à dents dans la péninsule arabe). Finalement, vu l’idéal coranique des relations conjugales, les érudits ont conclu qu’une femme maltraitée physiquement ou verbalement a le droit de demander le divorce. Ils ont considérablement baissé la barre quant à ce qui est considéré comme de la maltraitance. Cette position a été développée dans l’ancienne Arabie, il y a plus de quatorze cents ans, lorsque le monde considérait que battre une épouse était un droit. Aujourd’hui, nous pouvons surpasser les étapes antérieures de l’interaction humaine et insister sur l’idéal conjugal islamique accessible de tranquillité, d’affection et de compassion.
Vous pouvez télécharger l'article entier de Azizah Yahia al-Hibri sur le lien suivant d'où vous pouvez le télécharger (taper le code puis Download + 40 secondes d'attente) : http://www.megaupload.com/?d=UKBX3BTP
Si un jour Mikal réécrivait tout du moins exprimait d'une autre façon les traductions des livres prophétiques certains s'insurgeraient et parleraient aussi d'interprétation erronée. Myriam |
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