 Forum spirituel : Bible, Coran, Révélation d'Arès La compréhension spirituelle dépasse les interprétations étroites et dogmatiques des religions, car la vérité, c'est que le monde doit changer !
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| | | | Auteur | Message |
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pat
Inscrit le : 20 Oct 2005 Messages : 273
| Sujet: Mal et amour-propre Sam 2 Sep - 17:45 | |
| Il n'est pas nécessaire d'être un monstre pour faire le mal. « La malfaisance n'a pas besoin de malveillance dit Hannah Arendt Le mal peut être banal, comme le bien d'ailleurs Le bourreau s'efforce de déshumaniser sa victime, il évite de voir son visage, car le visage est la vraie représentation de l'humain. C'est ce qui caractérise l'humain. Ne pas le regarder, fuir son visage, c'est se donner les moyens de le persécuter, puisqu'on ne le voit plus en tant qu'humain.
On dit que les plus grands persécuteurs ont fait don de leur personnalité, de leur sensibilité à la cause qu'ils défendent. Obéir à plus fort ou plus grand que soi, avant même de s'être construit soi même. C'est souvent le parcourt de ces gens fragiles que sont les bourreaux. Avant de n'être plus rien pour soi, il faut d'abord avoir été. Il faut être en possession d'une conscience juste. Renoncer ce n'est pas renoncer à soi, ce n'est pas s'absenter de soi, mais de son amour propre, de son ego, de l'image que nous nous faisons de nous mêmes. « peu de gens sont cruels de cruauté, mais cruels et inhumains d'amour-propre » disait la Rochefoucauld
Le mal serait donc rarement voulu en tant que tel mais par un orgueil mal placé sur soi-même, une idée que nous nous faisons de nous mêmes. Le mal serait en quelque sorte une conséquence d'absence d'être, une conséquence d'une tromperie sur nous-mêmes par nous-mêmes. Ainsi le monde peut être mis à feu et à sang sur une ambiguïté, pour rien, parce qu'un individu ou plusieurs ont décidé de faire les fanfarons en se faisant une idée fausse d'eux-mêmes. Leur violence commencerait lorsqu'ils n'arrivent pas à imposer cette image à l'extérieur. Et pour finir avec la Rochefoucauld, il disait aussi " que l'amour- propre est le plus grand de tous les flatteurs." |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Jeu 7 Sep - 11:38 | |
| | pat a écrit: | Avant de n'être plus rien pour soi, il faut d'abord avoir été. Il faut être en possession d'une conscience juste. Renoncer ce n'est pas renoncer à soi, ce n'est pas s'absenter de soi, mais de son amour propre, de son ego, de l'image que nous nous faisons de nous mêmes. « peu de gens sont cruels de cruauté, mais cruels et inhumains d'amour-propre » disait la Rochefoucauld
Le mal serait donc rarement voulu en tant que tel mais par un orgueil mal placé sur soi-même, une idée que nous nous faisons de nous mêmes. Le mal serait en quelque sorte une conséquence d'absence d'être, une conséquence d'une tromperie sur nous-mêmes par nous-mêmes. Ainsi le monde peut être mis à feu et à sang sur une ambiguïté, pour rien, parce qu'un individu ou plusieurs ont décidé de faire les fanfarons en se faisant une idée fausse d'eux-mêmes. Leur violence commencerait lorsqu'ils n'arrivent pas à imposer cette image à l'extérieur. Et pour finir avec la Rochefoucauld, il disait aussi " que l'amour- propre est le plus grand de tous les flatteurs." |
Trés juste. Cela me fait penser aux persécuteurs de l'immeuble où je vis qui m'ont, qui nous font vivre un véritable enfer depuis 2 ans. Et même si, par la force des choses, ils se sont un peu calmés, ils ont sans doute une si haute idée d'eux-mêmes qu'ils se croient tout permis, humiliant, insultant et opprimant en toute impunité, dans une espèce de bon droit de la bêtise et de la méchanceté, faisant passer les faibles qui se rebellent pour les mauvais. Mais la fausse image qu'ils ont d'eux-mêmes ou qu'ils se sont construites et la façon qu'ils ont de s'exprimer et de s'imposer par la violence révèlent que quelque chose ne vas pas en eux. Car ils sont aussi violents envers eux-mêmes : Beuverie, bagarres, haschich, etc., prouvent qu'ils ne sont pas un dans eux et que quelque part, ils se fuient. Que cette image illusoire ne correspond pas à leur moi véritable et qu'ils cherchent par tous les moyens à ne pas la regarder en face et/ou à l'oublier. Il faut en déployer des moyens et en inventer des mensonges pour ne pas entendre sa conscience. Et cela crée tôt au tard un malaise existentiel. Louis Cattiaux disait que : «Celui qui est dans l'erreur essaie de l'imposer aux autres, celui qui possède la vérité s'efforce de l'appliquer à lui-même, c'est la marque qui ne trompe pas.»
Mais d'une manière générale, nous avons tous une si haute idée de nous-mêmes, un ego si fort que nous puons d'orgueil, à un degrés ou à un autre. L'amour-propre, l'autosatisfaction et sa soeur la susceptibilité, sont des citadelles qui nous coupent non seulement des autres, mais aussi de nous-mêmes, car comme tu le dis, ce ne sont qu'illusions et mensonges sur nous mêmes. De fausses parures, qu'il faut enlever une par une, il faut pour cela entrer en soi-même et se regarder "les yeux dans les yeux" sans complaisance. Chose qui demande du courage, de l'humilité et une réelle volonté de changer, car s'il y a de la noirceur en nous, il y a aussi de la lumière et quelle Lumière ! |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Jeu 7 Sep - 11:43 | |
| | Tu peux aussi porter plainte pour harcèlement... |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Jeu 7 Sep - 11:49 | |
| Non, je ne le ferait pas. Par contre, j'avais fait une pétition et de toute façon, je vais bientôt déménager. Je voulais te mettre un lien, car nous en avions parlé sur ce forum, mais je ne ne retrouve plus... |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Jeu 7 Sep - 12:02 | |
| Pourquoi ne pas porter plainte? Si ce n'est pour toi, au nom des autres de leurs victimes. C'est bien beau de prêcher et de chercher à analyser leur comportements, tout ce que je comprends, c'est qu'ils appliquent la loi du plus fort sur le plus faible, se payent une belle tranche pour combler leur ennui mais cela ne les excuse pas. NO MERCY FOR ASSHOLES!  |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Jeu 7 Sep - 12:24 | |
| | J'avais voulu porter plainte au début, car ils m'en ont fait subir, mais aprés réflexion, je me suis dit que les choses devaient se régler autrement que par la loi, mais par la prise de conscience. J'avais quand même fait une pétition avec plusieurs voisins et les choses se sont en grande partie améliorées. Je ne vais pas rester dans cet immeuble, cela devient inutile de porter plainte et trop tardif, de toute façon. Et puis, en général, ce n'est pas le genre de démarche que j'utilise. Je ne sais pas si les autres ont porté plainte quoiqu'il en soit ce n'est pas à moi de porter plainte pour eux ou à leur place. Mais bon, revenons au sujet initial si cela ne t'ennuis pas. |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Jeu 7 Sep - 16:40 | |
| | Cela en fait partie. Le monde est ce qu'il est, mais quelles actions entreprendre pour ne pas laisser tel quel? Même si les lois humaines ne sont pas parfaites, elles garantissent quand même un minimum d'assurance et de cohésion sociale. C'est en y renonçant que l'on voit s'installer un état de non-droit. |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Ven 8 Sep - 13:37 | |
| | Mespheber a écrit: | | Cela en fait partie. Le monde est ce qu'il est, mais quelles actions entreprendre pour ne pas laisser tel quel? Même si les lois humaines ne sont pas parfaites, elles garantissent quand même un minimum d'assurance et de cohésion sociale. C'est en y renonçant que l'on voit s'installer un état de non-droit. |
Oui, pour certains, passer par les tribunaux et exposer leur fait et leur honte aux yeux de tous, leur permet de se rendre compte et/ou de prendre conscience de leurs actes. Mais pour d'autres cela ne sert à rien. Pour l'affaire qui me concerne, ces jeunes -là ont eu affaire à la justice de nombreuses fois (d'aprés ce que l'on m'a dit). J'ai même vu des policiers en civil venir chercher "de force" l'un d'entre eux, parce qu'il ne se rendait pas à la convocation de la justice. As-t'il changé pour autant ? Non. Dans ces cas-là, la justice et les lois semblent être un coup d'épée dans une mare d'eau. Il n'y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre. Comment faire ? Pour moi, il fallait utiliser la fermeté, mais pas celle de la justice, celle d'homme à homme. Je ne suis qu'une femme et malgré mes nombreux essais de dialogue avec eux, cela n'a rien donné, en apparence tout du moins et je risquais de me prendre un mauvais coup. Il aurait fallu qu'un ou plusieurs hommes s'en mêlent. Mais le frère à qui j'ai demandé de m'aider n'a pas voulu, de peur que la situation dégénère en bagarre et de représailles à mon égard... Et les autres frères disposés à intervenir n'habitaient pas dans la région. Or, il aurait fallut un "suivi" à cette affaire. Tant que les hommes et/ou les femmes se tairont face à l'injustice, tant qu'ils seront transi de peur , devant de telles situations, il ne faudra pas s'étonner que certains autres prennent confiance et se croient tout permis. En france, d'une manière générale, on est assez lâche pour cela, on ne défend pas l'opprimé contre l'oppresseur, le spolié contre le spoliateur. J'en ai fait de nombreuses fois l'expérience, malheureusement. |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Ven 8 Sep - 15:25 | |
| Oui, tes "frères" sont des couilles molles.
Il ne s'agit pas de vouloir changer les iniques, mais d'avoir la paix. Un truand te casse une dent? Tu lui casses la machoire. Il brûle ta voiture? Tu brûles sa maison. Dès lors qu íl prend conscience qu'il a plus à perdre qu'à gagner, il montre du respect. Nous sommes revenus à ce temps. Même si c'est transitoire, il faut s'y adapter. Rien n'interdit de frapper son prochain avec une barrre à mine si cela est fait avec amour.  |
|  | | myriam

Inscrit le : 26 Juin 2006 Messages : 72
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Ven 8 Sep - 16:27 | |
| | Mespheber a écrit: | | Oui, tes "frères" sont des couilles molles. |
Les hommes aussi ont peur et je trouve cette expression trop péjorative pour les hommes et humiliante !!!
| Citation: | Il ne s'agit pas de vouloir changer les iniques, mais d'avoir la paix. Un truand te casse une dent? Tu lui casses la machoire. Il brûle ta voiture? Tu brûles sa maison. Dès lors qu íl prend conscience qu'il a plus à perdre qu'à gagner, il montre du respect. Nous sommes revenus à ce temps. Même si c'est transitoire, il faut s'y adapter. Rien n'interdit de frapper son prochain avec une barrre à mine si cela est fait avec amour.  |
L'image et le geste sont durs mais ils représentent tout ce qui pourrait arriver devant la peur et l'inaction des gens. Et qui arrivent dans ce monde parfois malheureusement ! L’union faisant la force il est dommage que certains frères aient eu peur. De même je comprends le frère qui n'a pas voulu aider Cécile par crainte qu'elle n'ai des soucis. Mais cela me fait penser à un manque de foi, surtout en eux-mêmes. La force que nous avons en nous (que l’on appelle image ou ressemblance, Christ, énergie, ou autre) peut nous aider et, étant elle-même en contact avec le Créateur, fait que des situations apparemment dangereuses ne nous toucheront pas voire jamais. Mais pour cela il est important de se maîtriser (maîtrise des pensées négatives de toutes sortes dont la peur) et avoir une confiance absolue – et garder cette attitude sur le lieu où cela se passe, mais aussi chez soi (pour la personne extérieure qui aide). Cela fait partie des miracles dont parlait Jésus : des choses incroyables qui peuvent se réaliser. Gandhi disait que l’amour est plus fort que le mal. Cette positivité vécue dans la constance pour le cas de Cécile fait que des choses incroyables peuvent se résoudre et les personnes violentes n’oseraient rien faire même (à elle et à ses voisins) s’ils étaient furieux. Mais les idées du monde dont nous sommes happés constamment nous font parfois douter de nous, de notre force et du pouvoir que l’on a en nous. Et cette déstabilisation fait que nous doutons de nous-mêmes, nous ayons peur, etc, et c’est dommage.
Je livre mon témoignage pour illustrer ce que je disais. Voici ce que je vécus lorsque j’avais 20 ans : J'avais 20 ans. Ce jour-là je me réveillais à 11h00 du matin. Ayant très faim et ne pouvant déjeuner car n'ayant fait aucune emplette, je calculais qu'en me hâtant, je pourrais arriver avant la fermeture de 12h00 au supermarché : soit vers 11h30 - 15 minutes pour me préparer et 15 minutes pour m'y rendre. L'été était magnifique : un ciel bleu, un soleil resplendissant et une chaleur forte mais supportable. Le trajet pour aller au supermarché pouvait s'effectuer de deux façons : soit en prenant des petites rues qui permettaient d'arriver plus vite ou bien prendre la rue plus longue, mais directe. Le temps magnifique dont je voulais profiter me fit décider pour le trajet le plus direct. L'heure du déjeuner étant proche expliquait la rue solitaire vidée de ses habitants ; les maisons aux volets clos, situées de part et d'autre de la rue, faisaient paraître le silence plus grand. Seuls quelques chants d'oiseaux témoignaient que je n'étais pas seule. Cinq minutes avant d'arriver au supermarché, je vis plus loin trois jeunes hommes, l'un d'eux assis sur son cyclomoteur et les deux autres qui me paraissaient très grands, debout près de lui. Lorsqu'ils me virent j'entendis l'un des trois garçons prononcer cette phrase : " Regarde la fille, on va se la faire". A ces mots, je m'arrêtai, effrayée. Mon coeur battit plus vite et tellement fort que je l'entendis cogner comme un fou de ma poitrine jusque sous mon menton. Mes jambes se mirent à trembler violemment. Désespérée, je tournais la tête pour évaluer mes chances de fuite : - aucune rue transversale pour trouver une issue de secours, - ces jeunes hommes grands pouvant facilement me rattraper si je me mettais à courir, - les gens dans leur foyer pouvant ne pas m'entendre appeler à l'aide à cause des volets clos et des bruits familiers de leur maisonnée. Craignant de ne pouvoir m'en sortir de cette façon, je pensais soudainement à Dieu et me tournais vers Lui. Je fermais les yeux et je Lui dis : "Je t'en supplie Seigneur, aide-moi, en échange je te promets de maîtriser ma peur". J'ouvris mes yeux et surprise de ma promesse je me demandais comment je pourrais maîtriser ma peur. Afin de tenir ma promesse, je réfléchis et décidai de continuer mon chemin tout en faisant semblant de ne pas les voir. J'avançais tout en me rassurant et imaginant que j'étais seule. Cela m'aida un peu à raffermir mes jambes, à calmer mon coeur battant un peu moins fort qu'auparavant puisque j'avais demandé de l'aide à Dieu. Arrivée à leur hauteur, l'un des trois garçons dit : "Regardez les mecs, elle fait semblant de ne pas nous voir." Les deux jeunes hommes qui se trouvaient debout se dirigèrent rapidement vers moi. L'un d'eux saisit mon bras ; l'autre allait agir de même lorsque, tout à coup, leur copain assis sur son cyclomoteur cria très fort : "Arrêtez, elle est protégée". Faisant fi de son intervention, ils me saisirent fortement les bras. Leur copain effrayé, cria alors encore plus fort en répétant plusieurs fois de suite : "Arrêtez elle est protégée, il ne faut pas la toucher. Surtout ne la touchez pas". Il les supplia plusieurs fois. Saisis par ce cri déchirant, un cri sorti vraiment du fond du coeur, un cri tellement puissant que tous trois - moi et les deux jeunes hommes qui me tenaient - nous tournâmes vers lui très étonnés. Il était descendu de son cyclomoteur, il nous regarda et je vis sur son visage le masque de la peur - masque blanc ressemblant aux masques du carnaval italien. Il partit à grandes enjambées à l'opposé de l'endroit où nous nous trouvions comme s'il voulait fuir au plus vite ce lieu, le dos courbé, les mains sur son visage et il pleura de telle façon que cela me toucha le coeur. Je n'entendis plus jamais pleurer un homme de cette façon. Il pleura tout en les suppliant et leur répétant inlassablement qu'il ne fallait pas me toucher. Ses deux copains, très surpris de son attitude et ressentant j'en suis persuadée la même chose que moi, me lâchèrent et lui dirent : "Okay, Okay, arrête tes conneries. On l'a lâchée, ça va, on arrive." Ils se dirigèrent vers lui, prirent son cyclomoteur et le rejoignirent. Voyant qu'il continuait à pleurer violemment, ils lui dirent : "Tu es fou, qu'est-ce qui t'arrive ?". Et il leur répétait : "Elle est protégée, elle est protégée". Je les vis s'éloigner tout en entendant les pleurs déchirants du jeune homme qui marchait avec grande hâte, les mains sur son visage. Quant à moi, incroyablement saisie de ce que je venais de vivre mais soulagée et heureuse tout à la fois, je poursuivis mon chemin. Du fond du coeur je remerciais Dieu qui venait vraiment de me sauver la vie !!!! Myriam |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Sam 9 Sep - 11:27 | |
| | Mespheber a écrit: | Oui, tes "frères" sont des couilles molles.
Il ne s'agit pas de vouloir changer les iniques, mais d'avoir la paix. Un truand te casse une dent? Tu lui casses la machoire. Il brûle ta voiture? Tu brûles sa maison. Dès lors qu íl prend conscience qu'il a plus à perdre qu'à gagner, il montre du respect. Nous sommes revenus à ce temps. Même si c'est transitoire, il faut s'y adapter. Rien n'interdit de frapper son prochain avec une barrre à mine si cela est fait avec amour.  |
Alors là, c'est la loi du Talion, la vengeance sans fin, quoi. Se défendre est une chose, l'escalade de la violence et/ou de la vengeance en est une autre, et elle est loin d'être la solution aux conflits. Ce ne sont pas "des" frères qui ont refusés de m'aider, mais un seul. Et même si à sa place je n'aurais pas hésiter à prendre la défense de l'oppimée, je peux comprendre les raisons de son refus. |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Sam 9 Sep - 11:51 | |
| | myriam a écrit: | L’union faisant la force il est dommage que certains frères aient eu peur. De même je comprends le frère qui n'a pas voulu aider Cécile par crainte qu'elle n'ai des soucis. Mais cela me fait penser à un manque de foi, surtout en eux-mêmes. La force que nous avons en nous (que l’on appelle image ou ressemblance, Christ, énergie, ou autre) peut nous aider et, étant elle-même en contact avec le Créateur, fait que des situations apparemment dangereuses ne nous toucheront pas voire jamais. Mais pour cela il est important de se maîtriser (maîtrise des pensées négatives de toutes sortes dont la peur) et avoir une confiance absolue – et garder cette attitude sur le lieu où cela se passe, mais aussi chez soi (pour la personne extérieure qui aide). Cela fait partie des miracles dont parlait Jésus : des choses incroyables qui peuvent se réaliser. Gandhi disait que l’amour est plus fort que le mal. Cette positivité vécue dans la constance pour le cas de Cécile fait que des choses incroyables peuvent se résoudre et les personnes violentes n’oseraient rien faire même (à elle et à ses voisins) s’ils étaient furieux. Mais les idées du monde dont nous sommes happés constamment nous font parfois douter de nous, de notre force et du pouvoir que l’on a en nous. Et cette déstabilisation fait que nous doutons de nous-mêmes, nous ayons peur, etc, et c’est dommage. |
Oui, garder sa paix et son courage (qui ne veut pas dire imprudence mais maîtrise de sa peur), permet de traverser des dangers sans être touchés, comme tu le dis. Je pense que le rayonnement du calme, de la paix et de l'assurance intérieures influence l'autre de façon significative. Regarder un éventuel agresseur droit dans les yeux avec assurance et tranquilité peut le désarmer complétement. Bon, des fois cela ne marche pas, il vaut mieux baisser les yeux surtout si on est soi- même un peu sur les nerfs.
| myriam a écrit: | Je livre mon témoignage pour illustrer ce que je disais. Voici ce que je vécus lorsque j’avais 20 ans : Cinq minutes avant d'arriver au supermarché, je vis plus loin trois jeunes hommes, l'un d'eux assis sur son cyclomoteur et les deux autres qui me paraissaient très grands, debout près de lui. Lorsqu'ils me virent j'entendis l'un des trois garçons prononcer cette phrase : " Regarde la fille, on va se la faire". A ces mots, je m'arrêtai, effrayée. Mon coeur battit plus vite et tellement fort que je l'entendis cogner comme un fou de ma poitrine jusque sous mon menton. Mes jambes se mirent à trembler violemment. Désespérée, je tournais la tête pour évaluer mes chances de fuite : - aucune rue transversale pour trouver une issue de secours, - ces jeunes hommes grands pouvant facilement me rattraper si je me mettais à courir, - les gens dans leur foyer pouvant ne pas m'entendre appeler à l'aide à cause des volets clos et des bruits familiers de leur maisonnée. Craignant de ne pouvoir m'en sortir de cette façon, je pensais soudainement à Dieu et me tournais vers Lui. Je fermais les yeux et je Lui dis : "Je t'en supplie Seigneur, aide-moi, en échange je te promets de maîtriser ma peur". J'ouvris mes yeux et surprise de ma promesse je me demandais comment je pourrais maîtriser ma peur. Afin de tenir ma promesse, je réfléchis et décidai de continuer mon chemin tout en faisant semblant de ne pas les voir. J'avançais tout en me rassurant et imaginant que j'étais seule. Cela m'aida un peu à raffermir mes jambes, à calmer mon coeur battant un peu moins fort qu'auparavant puisque j'avais demandé de l'aide à Dieu. Arrivée à leur hauteur, l'un des trois garçons dit : "Regardez les mecs, elle fait semblant de ne pas nous voir." Les deux jeunes hommes qui se trouvaient debout se dirigèrent rapidement vers moi. L'un d'eux saisit mon bras ; l'autre allait agir de même lorsque, tout à coup, leur copain assis sur son cyclomoteur cria très fort : "Arrêtez, elle est protégée". Faisant fi de son intervention, ils me saisirent fortement les bras. Leur copain effrayé, cria alors encore plus fort en répétant plusieurs fois de suite : "Arrêtez elle est protégée, il ne faut pas la toucher. Surtout ne la touchez pas". Il les supplia plusieurs fois. Saisis par ce cri déchirant, un cri sorti vraiment du fond du coeur, un cri tellement puissant que tous trois - moi et les deux jeunes hommes qui me tenaient - nous tournâmes vers lui très étonnés. Il était descendu de son cyclomoteur, il nous regarda et je vis sur son visage le masque de la peur - masque blanc ressemblant aux masques du carnaval italien. Il partit à grandes enjambées à l'opposé de l'endroit où nous nous trouvions comme s'il voulait fuir au plus vite ce lieu, le dos courbé, les mains sur son visage et il pleura de telle façon que cela me toucha le coeur. Je n'entendis plus jamais pleurer un homme de cette façon. Il pleura tout en les suppliant et leur répétant inlassablement qu'il ne fallait pas me toucher. Ses deux copains, très surpris de son attitude et ressentant j'en suis persuadée la même chose que moi, me lâchèrent et lui dirent : "Okay, Okay, arrête tes conneries. On l'a lâchée, ça va, on arrive." Ils se dirigèrent vers lui, prirent son cyclomoteur et le rejoignirent. Voyant qu'il continuait à pleurer violemment, ils lui dirent : "Tu es fou, qu'est-ce qui t'arrive ?". Et il leur répétait : "Elle est protégée, elle est protégée". Je les vis s'éloigner tout en entendant les pleurs déchirants du jeune homme qui marchait avec grande hâte, les mains sur son visage. Quant à moi, incroyablement saisie de ce que je venais de vivre mais soulagée et heureuse tout à la fois, je poursuivis mon chemin. Du fond du coeur je remerciais Dieu qui venait vraiment de me sauver la vie !!!! Myriam |
Je me demande ce que ce jeune sur son cyclomoteur a pu ressentir en lui et/ou en toi pour avoir une telle réaction ? Je ne sais pas ce qu'ils entendaient exactement par "on va se la faire", ni quel degrés de violence cela impliquait pour eux. Enfin, le principal, c'est que tu t'en sois sortie indemne. |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Sam 9 Sep - 18:11 | |
| Il ne s'agit pas de "vengeance sans fin"mais de gagner le respect. Enfin bon, c'est mon point de vue.  |
|  | | pat
Inscrit le : 20 Oct 2005 Messages : 273
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Sam 9 Sep - 22:48 | |
| | Citation: | Cécile a écrit En France, d'une manière générale, on est assez lâche pour cela, on ne défend pas l'opprimé contre l'oppresseur, le spolié contre le spoliateur. J'en ai fait de nombreuses fois l'expérience, malheureusement.
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En France et ailleurs, dans la plupart des pays, la femme n'est pas défendue suffisamment par rapport aux exactions qu'elle subit. Dans beaucoup d'endroits également, on ferme les yeux sur l'esclavage sexuel ou autre des enfants....La France étant plutôt bien placé dans ces domaines, bien que ce ne soit pas encore parfait.
D'une manière générale, Cécile pose ici la question du Mal dans son ensemble, c'est une question d'une importance capitale pour notre avenir spirituel. L'homme est-il programmé à la bienveillance ou l'est-il au contraire à la malveillance? Le mal est-il dans la nature de l'homme? Porte-t-il le bien et le mal en lui? Qu'est ce qui fait qu'un homme ordinaire peut devenir une véritable brute? Y a t-il un remède au mal? Pourrait-on l'éviter?
J'ai l'intention de lancer un débat sur ce thème. D'ailleurs le voilà lancé.
Mais mon but est de trouver avec l'ensemble des intervenants, avec également les nombreuses références dans la Parole, et aussi avec l'aide précieuse d'un livre récent de Michel Terestchenko « un si fragile vernis d'humanité » des réponses, des pistes spirituels nous permettant au moins de cerner ce mal. De mieux le connaître, de savoir, dans la mesure du possible, de quelles profondeurs il vient.
Ce débat pourrait être un débat intellectuel et tourner rapidement au débat d'idées. Je ne le souhaite pas, même si parfois je me laisse aller à ce genre de travers. Je compte sur les participants pour recentrer leur propre intervention et celles des autres autour d'idées concrètes. Encore une fois, ce débat, par l'apport du plus grand nombre, peut nous servir à identifier, à débusquer notre propre mal. Car, c'est bien de celui là dont chacun doit s'occuper s'il veut que le monde change. Seul, je n'ai ni les compétences, ni le goût d'une telle entreprise, mais avec d'autres, je crois que nous pouvons, en avançant à petit pas, arriver à quelques résultats. |
|  | | njama
Inscrit le : 03 Avr 2006 Messages : 365
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Dim 10 Sep - 2:13 | |
| Il m’est arrivé il y a deux ans environ une agression sans raison, un peu comme celle de Myriam . Il faisait nuit, il était très tard, je rentrais chez moi à pied. La rue dans laquelle j’habite est plutôt tranquille. Au bout il y a un quartier HLM avec beaucoup de petites maisons en assez mauvais état autour. Il n’est pas rare qu’il soit parfois agité et trop bruyant à ces heures tardives, surtout en fin de semaine. Il n’est pas rare d’y voir des jeunes (visiblement éméchés au nombre de canettes vides) tuant le temps sur le trottoir. Je marchais paisiblement, l’ayant parcouru souvent la nuit sans inquiétudes, ni troubles particuliers., la situation n’était guère différente qu’à l’usage. Mais cette fois là, l’un d’eux traversa la rue, se mit en travers de ma route, et s’en pris à moi sans que je comprenne pourquoi. Il m’insultait et me menaçait de m’éclater la tête. Il ne m’était pas étranger. Je l’avais déjà aperçu lui et ses potes auparavant, le genre très déjanté. Le quartier était plus calme quand ils n’y zonaient pas. Je stoppais net, lui faisant face, tandis qu’il appelait ses 2 copains, comptant probablement sur eux pour l’aider dans cette besogne. Je ne savais trop que faire. Ce n’est pas mon habitude de me battre, cela ne l’a jamais été. Je ne me suis jamais battu avec quelqu’un. Je le trouvais assez sûr de lui, mais la peur ne m’envahissait pas, ne m’effleurait même pas. Je ne manque pas de force physique, mais contre trois … ? Il me paraissait aussi impossible de le frapper, c’est quelque chose que je ne peux pas faire. Je réfléchissais tandis qu’il continuait à mouliner de ses poings, installé dans une attitude de combat qui invite au défi. Je décidais que s’il me frappait, je ne répondrais pas à sa violence. J’observais ses grands yeux noirs, rougis par l’alcool, et le drogue je crois . J’y lisais de la haine .J’y voyais cette rancune qu’il avait contre le monde, ou l’existence difficile qu’il vivait, et qui en en ternissait l’éclat. Je cherchais au plus profond de moi-même une ressource, quelque chose à lui offrir pour l’apaiser. Je guettais en même temps ses gestes, ses paroles comme une perche qu’il aurait pu me tendre pour y parvenir, plus que comme une menace pour moi, pendant qu’il continuait son numéro de kung-fu tout en tentant d’y impliquer ses copains. Je ne me souciais pas du tout des 2 autres et de ce qui allait advenir. Rien ne m’occupait d’autre que de trouver en moi quelque chose à lui donner pour le réconcilier un peu avec la vie. La mienne n’était plus en danger, je m’en souciais si peu, campé dans cette attitude extérieurement stoïque. Il n’arrivait pas à décider ses copains. Je tente un pas de côté pour passer entre lui et le mur d’une maison. Il s’y oppose aussi sec. - Arrête, laisse tomber ! lui lance un de ses potes. Il ne semble pas entendre, ou sa témérité le rend sourd. - Arrête, laisse tomber ! lui répète-t-il Rien ne change, et rien ne change en moi non plus que cette intention généreuse que j’avais pour lui et dont je ne connaissais pas l’issue. Puis ses deux potes sont arrivés en courrant. L’un l’a ceinturé par derrière, lui paralysant les bras, et l’autre en lui attrapant les jambes, et ils l’ont emmené comme un baluchon. … je continuais ma route sans plus attendre. Tout en marchant pour arriver jusque chez moi, je rageais de mon impuissance, d’avoir été aussi stérile qu’un désert, de ce que pas un atome de moi même, pas un son n’ait pu émergé. Une immense tristesse m’envahit. J’étais si triste de n’avoir rien pu faire pour lui. Je ne cessais de penser à lui, à cette souffrance que j’avais vue ancrée en lui. En rentrant chez moi, je m’effondrais dans la confidence au Père., lui disant mon désarroi. En pleurs, dans un cri intérieur, je lui ai dit : « J’ai cherché au plus profond de moi-même, je n’ai pas su faire ce que tu me demandes, je n’ai pas su, je n’ai pas su … S’Il te plaît, fais quelque chose pour lui, pour qu’il retrouve courage dans l’existence, pour le guérir. S’Il te plaît fais-le, … je n’ai pas su le faire. Tu peux tout. S’Il te plaît … »
Quelques jours plus tard en journée, alors que je n’y pensais plus, quelqu’un m’interpelle dans la rue. C’était mon agresseur. - Hé, toi là ! me disait-il avec une voix forte qui traversait la chaussée. - Moi ? - Oui toi … tu sais à qui tu me fais penser ? - Euh ! ... non. - A Gérard Depardieu. - Ah oui ! … Je trouve que je ne lui ressemble pas. Tu exagères. …Je ne suis pas aussi fort, lui mimant par geste une carrure imposante. - Si, je te le dis. … On ne t’ l’a jamais dit ? … Vraiment tu ressembles à Depardieu. C’est à lui que tu me fais penser. Il s’était rapproché de moi. Je l’observais. Rien n’indiquait dans son attitude qu’il m’eût reconnu . Il ne portait plus sur son visage cette grimace que je lui connaissais, celle qu’ont souvent les gens qui portent en eux un ressentiment profond et amer. Il avait l’air « bien » et ouvert, heureux dans cet instant, heureux de cette rencontre … - Non jamais. C’est la première fois, … ça ma fait plaisir que tu me dises ça ! On s’est serré la main et souhaité bonne journée. ( Avec mon 1,82 m et mes 62 kgs, je n’ai vraiment rien d’une force de la nature, sans ressembler non plus à un squelette habillé. Depardieu, c’est quelqu’un qui doit être important pour lui, j’imagine …)
Quelqu’un demandait à un moine tibétain ce qu’il ferait si on le frappait. Il répondit qu’il ne pourrait pas en vouloir au bâton, parce que celui-ci n’y est pour rien, ni à celui qui le frapperait parce qu’il est dans l’ignorance et qu’il ne sait pas ce qu’il fait. |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Dim 10 Sep - 12:07 | |
| Très beau témoignage, Gérard. Sans rire, je te remercie pour cette histoire qui me laisse perplexe, je l'avoue.
| pat a écrit: | D'une manière générale, Cécile pose ici la question du Mal dans son ensemble, c'est une question d'une importance capitale pour notre avenir spirituel. L'homme est-il programmé à la bienveillance ou l'est-il au contraire à la malveillance? Le mal est-il dans la nature de l'homme? Porte-t-il le bien et le mal en lui? Qu'est ce qui fait qu'un homme ordinaire peut devenir une véritable brute? Y a t-il un remède au mal? Pourrait-on l'éviter? | Nous avions déjà évoquer dans les sujets de Didier Bretonès l'influence du milieu sur le comportement. L'être humain est un animal social et un animal culturel. Toutes les règles auxquelles nous obéissons dépendent de notre éducation mais aussi de la société qui la circonscrit. Cpendant, nous sommes des êtres sociaux, en tant que tels, les règles sont la conséquence du rapport à autrui qui résulte en partie de l'empathie que nous entretenons au sein d'un groupe. Je dis bien en partie car on ne peut nier que l'établissement de règles induit un rapport de pouvoir pour qu'elles soient acceptées par le groupe. Une des sources du mal serait-elle dans un rapport despotique entre les humains?
Dans son étude Carl Gustav Jung a aussi rencontré des êtres, on parle ici des psychopathes et sociopathes, qui développent des comportements destructeurs. Dans leur cas, on constate que les circonstances de l'environnement sont un facteur déclencher mais pas nécessaire. Soumis au mêmes expériences, deux individus ne développeront pas la même personnalité.. Il semble que dans les cas pathologiques, la modification du milieu peut permettre d'atténuer des comportements destructeurs qui sont alors inhibés mais amènent au développement de névroses... |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Dim 10 Sep - 12:15 | |
| | njama a écrit: | Quelques jours plus tard en journée, alors que je n’y pensais plus, quelqu’un m’interpelle dans la rue. C’était mon agresseur. - Hé, toi là ! me disait-il avec une voix forte qui traversait la chaussée. - Moi ? - Oui toi … tu sais à qui tu me fais penser ? - Euh ! ... non. - A Gérard Depardieu. - Ah oui ! … Je trouve que je ne lui ressemble pas. Tu exagères. …Je ne suis pas aussi fort, lui mimant par geste une carrure imposante. - Si, je te le dis. … On ne t’ l’a jamais dit ? … Vraiment tu ressembles à Depardieu. C’est à lui que tu me fais penser. Il s’était rapproché de moi. Je l’observais. Rien n’indiquait dans son attitude qu’il m’eût reconnu . Il ne portait plus sur son visage cette grimace que je lui connaissais, celle qu’ont souvent les gens qui portent en eux un ressentiment profond et amer. Il avait l’air « bien » et ouvert, heureux dans cet instant, heureux de cette rencontre … - Non jamais. C’est la première fois, … ça ma fait plaisir que tu me dises ça ! On s’est serré la main et souhaité bonne journée. ( Avec mon 1,82 m et mes 62 kgs, je n’ai vraiment rien d’une force de la nature, sans ressembler non plus à un squelette habillé. Depardieu, c’est quelqu’un qui doit être important pour lui, j’imagine …)
Quelqu’un demandait à un moine tibétain ce qu’il ferait si on le frappait. Il répondit qu’il ne pourrait pas en vouloir au bâton, parce que celui-ci n’y est pour rien, ni à celui qui le frapperait parce qu’il est dans l’ignorance et qu’il ne sait pas ce qu’il fait. |
C'est quand même troublant qu'il revienne te parler : Je pense qu'il t'avait reconnu et qu'en t'interpellant à nouveau, il cherchait à (re)nouer un contact plus serein, peut-être même y avait-il dans cette démarche, un souhait de pardon, même s'il l'a fait de façon fière et maladroite. Tu as eu la bonne réaction : Ne sachant pas te battre et lui ne t'ayant porté aucun coup, c'est ce qu'il fallait faire et éviter que la situation ne dégénère. Mais je sais aussi que dans des cas où nous sommes en réel danger, sans être un(e) combattant(e), on peut trouver en soi la force et la furie de se défendre. Ce qui m'interpelle dans nos histoires, c'est pourquoi certains s'en prennent à d'autres qui n'ont rien fait ? Dans le cas de Myriam et du mien, il y a une forme de "lâcheté prédatrice" dans le sens où il est plus facile et moins risqué de s'attaquer à une femme. Mais dans le tien ? Ton agresseur cherchait-il à en découdre avec le premier venu ? A-t'il choisi sa "proie" ou est-ce le hasard ? Et s'il t'a choisi, pourquoi ? Qu'est-ce qui en toi, l'a attiré ou dérangé ? |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Dim 10 Sep - 12:28 | |
| | Mespheber a écrit: | | Dans son étude Carl Gustav Jung a aussi rencontré des êtres, on parle ici des psychopathes et sociopathes, qui développent des comportements destructeurs. Dans leur cas, on constate que les circonstances de l'environnement sont un facteur déclencher mais pas nécessaire. Soumis au mêmes expériences, deux individus ne développeront pas la même personnalité.. Il semble que dans les cas pathologiques, la modification du milieu peut permettre d'atténuer des comportements destructeurs qui sont alors inhibés mais amènent au développement de névroses... |
Trés juste. Cela voudrait dire que nous ne sommes pas tous "égaux" dans notre rapport au mal et dans notre capacité à lui résister. Alors cela s'apprend -il ? Oui, pour moi, cela ne fait aucun doute. Ton message soulève en moi cette question : Comment expliquer qu'un enfant élevé dans l'amour, dans l'aisance matériel, etc. puisse un jour commettre des actes horribles ? |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Dim 10 Sep - 12:34 | |
| Qu'est-ce que l'amour? On pourrait parlé du cas des manipulateurs pervers. Ceux-ci se rencontrent partout, sont charismatiques mais ont un talent fou pour rendre les gens dingues en leur faisant croire que c'es tde leur faute. Bien souvent, ce comportemnt se développe dans des familles où l'enfant subit un excès d'amour. Très tôt, celui-ci constate qu'il peut influer sur le comportement de ses parents en sa faveur par des processus magiques (je pleure, on me donne à manger, donc si je veux à manger, je pleure). Il sait manifester ses désirs de manière suggestive afin que la personne en face de lui lui procure un service spontanément sans qu'il n'ait alors à se sentir reconnaissant. LA cause: tr`s souvent un manque d'assurance en lui-m6eme qui le pousse à s'appuyer sur le savoir-faire et la bonne volonté des autres. Y a tíl un remède? Oui, fuir ce genre d'individus.  |
|  | | njama
Inscrit le : 03 Avr 2006 Messages : 365
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Dim 10 Sep - 18:22 | |
| Mon agresseur était saoul et drogué, très énervé et menaçant. Mais je ne voyais pas que cela en lui. J’ai éprouvé très vite beaucoup de compassion pour lui, si jeune, si plein d’énergie, si débordant de mal-être et déjà dégoûté de la vie. Je le voyais en très très grand danger pour lui, pour sa vie ... beaucoup plus que je ne pouvais l’être. Je ne sais pas pourquoi je n’avais aucune peur, il n’y avait que ce problème qui m’absorbait en entier et ne m’a pas quitté, alors que j’aurais simplement pu être soulagé de cette issue inattendue et plutôt heureuse pour moi. Rien d’autre n’existait, que lui et la fêlure que je voyais en lui. Je ne sais pas répondre à tes questions Cécile.
| Citation: | | Ce qui m'interpelle dans nos histoires, c'est pourquoi certains s'en prennent à d'autres qui n'ont rien fait ? Dans le cas de Myriam et du mien, il y a une forme de "lâcheté prédatrice" dans le sens où il est plus facile et moins risqué de s'attaquer à une femme. Mais dans le tien ? Ton agresseur cherchait-il à en découdre avec le premier venu ? A-t'il choisi sa "proie" ou est-ce le hasard ? Et s'il t'a choisi, pourquoi ? Qu'est-ce qui en toi, l'a attiré ou dérangé ? |
Les autres que je n’avais pas dans mon champ de vision (ils étaient derrière à quelques mètres de l’autre côté de la rue) auraient pu le rejoindre pour me harceler aussi. Pourquoi ont-ils fait ça ? Avec du recul, je me dis que je n’ai rien fait au fond, et au sens strict c’est le cas de le dire. Quand je l’ai revu, j’étais vraiment content de voir qu’il allait beaucoup mieux. Les intentions que l’on porte en soi sont sûrement très importantes et très puissantes, je crois. |
|  | | pat
Inscrit le : 20 Oct 2005 Messages : 273
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Lun 11 Sep - 19:09 | |
| Essayons à la lumière des exemples proposés par Cécile, Myriam et njama de comprendre un peu mieux le mécanisme de ce mal
Dans les trois cas, plusieurs personnes sont agissantes. L'individu agit comme le groupe attend qu'il agisse(même si parfois les autres prennent peur). Si le groupe n'était pas dans cet état d'esprit, l'un de ses membres ne ferait pas de telles propositions. Celles ci seraient refusées net dans d'autres groupes. Il agit bien en conformité avec la mentalité du groupe L'individu a donc aliéné volontairement son propre moi au profit du groupe. Pour paraître, pour étonner, pour avoir le pouvoir sur les autres parfois. Le culturel, le social étant le seul refuge possible à celui qui n'a pas pu se construire normalement et devenir autonome.
Il est remarquable dans le cas de njama que l'agresseur d'hier, privé de ses deux compagnons, ou d'alcool soit redevenu un type plutôt sympa puisque cela finit par une poignée de mains
Dans beaucoup d'autres cas de persécutions, d'agressions, on relève que les agresseurs ont souvent fait abstraction de leur moi profond, qu'ils sont absents à eux mêmes. Que ce soit sous l'effet d'une drogue quelconque ou sous l'effet d'un groupe dominant à qui il faut plaire, voire à qui il faut s'imposer. Cela rejoindrait l'affirmation de Mespheber que toutes les règles sont des règles sociales et que nous sommes des animaux sociaux et culturels
L'excès d'amour, si c'est vraiment dans l'excès ne constituant pas une protection contre l'aliénation, au contraire. Cet »excès » l'empêchant de se construire de la même façon que l'absence d'amour.
Est ce qu'on apprend à résister au mal, demande Cécile, oui sans doute. C'est de notre responsabilité de savoir combattre ce mal en nous. Mais je crois malheureusement que certains êtres par d'innombrables concours de circonstance, liés à la naissance, à l'éducation et au déroulement de leur histoire sont particulièrement défavorisés par rapport au mal. Sans vouloir gommer leur libre arbitre, ils n'ont pas eu la chance de pouvoir se constituer une personnalité, une autonomie qui leur permette d'être eux-mêmes, et donc de résister au mal et même parfois d'en percevoir la teneur.
On m'objectera peut-être ceux qui semblent faire le mal par plaisir. Ceux là sont considérés par la communauté humaine comme des psychopathes. Ils sont donc aussi absents à eux que les autres.
Je vous propose donc maintenant de vous pencher sur cette cause du mal qui pourrait se trouver dans une absence de consistance de l'être. Comment créer cette consistance? Comment éviter son contraire, c'est à dire l'inconsistance. Les deux questions, à quelques nuances près se rejoignent. Est ce que d'avoir donné de « l'épaisseur à l'être » peut résoudre le problème du mal ou devra t-il encore apprendre à résister à ce mal?. |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Lun 11 Sep - 19:17 | |
| | Euh... tu négliges une autre classe: les sociopathes. Ils sont conscients de faire le mal, mais s'en foutent. Ce sont les grands criminels, ainsi que les plus terribles dictateurs qu'aient portés cette terre. |
|  | | pat
Inscrit le : 20 Oct 2005 Messages : 273
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Lun 11 Sep - 22:29 | |
| Bonsoir Mespheber
On peut les classer avec ceux qui font le mal par plaisir, c'est à dire le grand ensemble des psychopathes, car s'il y en a qui sont absents à eux mêmes c'est bien ceux là.
Mais mon but n'est pas de faire des classements, bien que ce soit utile Mon but est d'essayer de trouver ce qui permet à ce mal de régner sur nos vies, alors que personne ne souhaite ce mal (à part ces grands criminels et quelques autres)
Au contraire la grande majorité des gens applaudit aux actes altruistes, aux actes généreux et désintéressés.
Il n'est donc pas normal que ce mal empoisonne notre existence. |
|  | | njama
Inscrit le : 03 Avr 2006 Messages : 365
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Mer 13 Sep - 0:41 | |
| J’aime beaucoup ce que Myriam a écrit. b| Citation: | « ...La force que nous avons en nous (que l’on appelle image ou ressemblance, Christ, énergie, ou autre) peut nous aider et, étant elle-même en contact avec le Créateur, fait que des situations apparemment dangereuses ne nous toucheront pas voire jamais. Mais pour cela il est important de se maîtriser (maîtrise des pensées négatives de toutes sortes dont la peur) et avoir une confiance absolue – et garder cette attitude sur le lieu où cela se passe, mais aussi chez soi (pour la personne extérieure qui aide). Cela fait partie des miracles dont parlait Jésus : des choses incroyables qui peuvent se réaliser. Gandhi disait que l’amour est plus fort que le mal. Cette positivité vécue dans la constance pour le cas de Cécile fait que des choses incroyables peuvent se résoudre et les personnes violentes n’oseraient rien faire même (à elle et à ses voisins) s’ils étaient furieux. Mais les idées du monde dont nous sommes happés constamment nous font parfois douter de nous, de notre force et du pouvoir que l’on a en nous. Et cette déstabilisation fait que nous doutons de nous-mêmes, nous ayons peur, etc, et c’est dommage. » |
La force dont elle parle est « une force positive », pour soi-même et pour le monde. Elle est métaphysique, mais bien réelle. C’est une force en « SOI », peut-être le moi profond auquel fait allusion Pat :
| Citation: | | Dans beaucoup d'autres cas de persécutions, d'agressions, on relève que les agresseurs ont souvent fait abstraction de leur moi profond, qu'ils sont absents à eux mêmes. |
Dans nos trois cas, elle était présente. Celui de Cécile parce que sa foi lui donne constance, tempérance, espérance qui lui permettent d’affronter au quotidien ce genre de situations trop fréquentes, et qu’elle compte dessus pour que les choses aillent mieux. Celui de Myriam, parce qu’elle sait qu’elle est à ses côtés, « je pensais soudainement à Dieu et me tournais vers Lui. Je fermais les yeux et je Lui dis : "Je t'en supplie Seigneur, aide-moi … », et dans le mien parce que je m’accroche à cette part de Dieu en nous que je perçois aussi dans les yeux de mon agresseur et que j’attache à la mienne.
Il y a des forces qui sont négatives. La force du plus grand nombre ne triomphe pas toujours et souvent jamais bien longtemps. David contre Goliath, c’est aussi l’allégorie de la force faible contre l’oppression qui ne sait se servir que d’une force rudimentaire, brutale aussi éphémère que nos propres corps, c’est aussi la Vérité simple, éternelle, qui aveugle et paralyse les fausses vérités. L’union fait la force n’est pas une panacée … si elle ne s’appuie pas sur une logique d’Amour. La faiblesse de la force du groupe c’est de croire que cette force réside dans le groupe, plutôt que dans la somme de « nous-mêmes » où chacun est engagé individuellement. Mespheber a écrit:
| Citation: | Qu'est-ce que l'amour? On pourrait parlé du cas des manipulateurs pervers. … Y a tíl un remède? Oui, fuir ce genre d'individus. |
Fuir n’est certainement pas la bonne chose à faire. Accepter les choses comme elles viennent, quelque soient les visage qu’elles aient, (psychopathes, sociopathes, délinquants, exclus, …) .Le destin est un présent à prendre tel qu’il est.
Le frère (qui veut baiser) Ma Lèvre (doit) baise(r) la lèvre de l’homme, la lèvre (d’où sort) le pus (et) le ver (comme) la lèvre (qui) cache l’hameçon, le frère (les) baise, (parce que) le femier, (c’est de lui que) sort le jardin. Livre XXII 8 et 9 |
|  | | Mespheber
Age : 35 Inscrit le : 24 Aoû 2006 Messages : 84 Localisation : Imryrr
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Mer 13 Sep - 10:00 | |
| C'est plein de bonnes intentions, mais il n'y a pas de honte à fuir un combat pour lequel on n'est pas préparé ou armé. Le cas des manipulateurs pervers narcissiques concerne autant les couples que le monde du travail et doivent être combattu dans ces uniques cas, il n'y a pas d'autre choix! Cependant, on s'évite beaucoup de peine à les éviter...
Sur la présence du "mal" dans nos vies, je me suis parfois demandé pourquoi nous cherchions sans cesse à échapper au bonheur? Il y a des causes individuelles dans le cas de personnes qui n'ont jamais connu d'autres formes de vie et qui éprouve de la peur à toute idée de changement. Admettre qu'on n'est pas heureux, c'est admettre qu'on a fait de mauvais choix au cours de sa vie, qu'ils aient été librement faits ou non (on s'interrogera sur le sens du mot liberté dans un autre débat), il sera d'autant plus difficile à une personne de l'admettre qu'elle est âgée. Sur le plan social, le concept de normalité est un danger: d'une part ces normes peuvent servir de masques aux plus pervers et de l'autre il peut pousser à considérer certaines formes de bonheur marginales comme "anormal". C'est souvent le cas des homosexuels dont l'origine de la souffrance vient très souvent du regard négatif qui leur est porté, que ce soit dans leurs familles ou dans la société. |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Dim 17 Sep - 14:04 | |
| | pat a écrit: | Mon but est d'essayer de trouver ce qui permet à ce mal de régner sur nos vies, alors que personne ne souhaite ce mal (à part ces grands criminels et quelques autres)
|
L'homme a la liberté de se nier lui-même, il peut devenir aveugle et sourd à sa propre conscience, à lui-même donc, mais à l'autre aussi. Les gens qui se nient ou qui se fuient non seulement souffrent intérieurement mais font souffrir. Ils sont en état permanent de conflit avec eux-mêmes, conflit que faute de pouvoir ou de vouloir régler, il projette sur l'autre. L'autre devient alors le bouc émissaire, le responsable, la cause, l'ennemi. Il faut en déployer des moyens pour ne pas entendre la voix de sa conscience qui nous crie dans l'oreille, et plus elle crie, plus c'est insupportable et plus il faut la faire taire à grand renfort d'ivresses, de drogues, de luxure, de tout ce qui l'endort d'une façon ou d'une autre, de tout ce qui compense cette souffrance qu'est devenue la conscience ! Si elle fait autant souffrir, c'est peut-être parce que nous lui résistons. Et plus nous lui résistons, plus nous souffrons. L'homme alors, refusant librement de se regarder et de s'écouter tombe dans le mensonge et l'illusion intérieure. Un homme ou une femme dans une situtaion pareille ne peut alors que rejeter, voir même haïr celui ou celle qui écoute son humanité, car l'autre le renvoit à sa propre "inhumanité", si je puis dire. Cela me fait penser à la phrase : Ta vie sera un blâme pour les impies, ils ne supporteront pas ta vue... Ils te mettront à l'épreuve par le mensonge et par l'outrage pour éprouver ta douceur et ta vérité. (Rév.d'Arès 36/21-22) Quand nous sommes en présence d'un illmunié, pas au sens de fou, mais au sens de quelqu'un qui brille par sa lumière intérieure, cette lumière même faible, peut devenir insupportable, car elle nous renvoit à notre propre ténèbre... Trés dérangeant pour celui qui n'est ni lucide ni humble envers lui-même et qui s'est endurcit dans son obscurité. |
|  | | pat
Inscrit le : 20 Oct 2005 Messages : 273
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Lun 18 Sep - 9:18 | |
| A force de se nier, dis tu Cécile, l'homme s'enfonce dans le mensonge et l'illusion. A force de faire taire sa conscience, il finit par en perdre le contrôle. Certainement, cet abandon est au coeur du mal.
Cherchons pourquoi cet état survient, alors que notre conscience, ou le peu que nous en ayons est plutôt tournée vers le Bien. En tout cas, sur le plan émotif nous sommes davantage émus positivement par l'héroïsme que par la lâcheté
En réalité, une conscience active, vigilante, agissante est en « effort »permanent d'auto-création, de changement comme nous le demande le Créateur. Notre héritage (nos qualités, nos tendances, notre éducation...) participe passivement à cet effort. De notre héritage, c'est l'humanité toute entière qui en est responsable. Notre manquement collectif à ce sujet est immense et coupable.
Mais pour la partie dont nous sommes directement responsables cela demande un effort personnel. Cet effort ne peut guère être consenti par les « cassés », les désespérés sur eux-mêmes ou sur l'humanité que j'évoquais plus haut et dont nous sommes tous collectivement responsables (même quand nous avons à en souffrir) Ceux là ont renoncé à leur conscience. Ceux là se plient à la conscience des autres, leurs chefs ou à une image facile et fictive qu'ils se font d'eux-mêmes pris en charge par l'amour propre dont j'avais parlé plus haut. Cette situation est extrêmement grave. Elle peut aller jusqu'à l'anéantissement complet de la conscience, entraînant ce que l'humanité a connu de pire au cours de ce siècle écoulé, à savoir que des gens ordinaires, ont pu se révéler d'atroces bourreaux après avoir abandonné leur conscience à une entité maléfique. Ces hommes avaient cependant des valeurs, un code moral, mais pas de conscience forte. Nous sommes ces gens là.
Il apparaît donc pour résumé, que notre manquement à notre propre conscience entraîne une bonne partie du mal qui règne dans ce monde et que ce manquement est dû à notre paresse individuelle et collective. Surtout lorsque cette paresse est largement nourrie d'un désespoir profond à l'égard de l'homme et de sa condition d' Image et Ressemblance du Créateur. Alors, notre conscience personnelle et celles des autres nous deviennent exécrables, également ( l'article « vertu » de Michel Potay est riche d'enseignement pour cette partie de notre débat) |
|  | | pat
Inscrit le : 20 Oct 2005 Messages : 273
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Ven 22 Sep - 9:59 | |
| [i]Le vaste projet que j'avais proposé à l'ensemble des inscrits de ce forum, ne semble pas passionner. Mais, il serait absurde d'abandonner un sujet qui n'est pas arrivé à son terme. Aussi je décide de poursuivre ce que j'avais envisagé. Ce sera plus difficile, moins riche, plus partial.[/i]
[i]Résumant ce qui a déjà été dit, nous constatons que le manquement à être, une certaine faiblesse dans la présence à soi, un manque d'épaisseur humaniste ou spirituel est la cause majeure de l'existence du mal.[/i] (je laisserai volontairement de coté, ceux, peu nombreux, qui ont choisi délibérément le Mal comme projet de vie, en faisant alliance démoniaque.)
Pendant quelques temps, je voudrais déceler les facteurs internes et externes qui président à "l'abandon du soi" et qui rendent le Mal possible. Ensuite, j aimerais, a contrario, aborder le thème du Bien, en passant en revue les facteurs qui en permettent la naissance, comment il se met en place et comment dans une perspective arésienne, il constitue un véritable projet spirituel. [u] |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Ven 22 Sep - 10:18 | |
| Pat, comment ça se fait qu'on voit les balises [/i], normalement, elles ne devraient pas apparaître.
| pat a écrit: | | Pendant quelques temps, je voudrais déceler les facteurs internes et externes qui président à "l'abandon du soi" et qui rendent le Mal possible. |
Pour moi, un des facteurs du mal, comme je l'ai dis dans mon précédent post, est la surdité volontaire à la voix de sa conscience. Je ne parle pas des inconscients pathologiques ni des enfants, mais des hommes et des femmes qui refusent délibéremment de l'écouter et de l'entendre. Pourquoi ne veulent t'ils pas écouter ? Peut-être parce que cela les dérangent trop, parce que cela demande un effort pour "recadrer" ses actes et qu'ils n'ont pas envie de procurer cet effort ? Parce qu'il est plus facile de se laisser porter par ses faiblesses que de les combattre, parce que tout le monde fait pareil, alors pourquoi faire autrement ? Parce que la société a établi des normes alors si elles sont établies, c'est qu'elles sont bonnes... Bref, tout un tas de fausses excuses, de mensonges et d'illusions intérieures et extérieures. |
|  | | pat
Inscrit le : 20 Oct 2005 Messages : 273
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Ven 22 Sep - 17:20 | |
| Pour les balises Cécile, c'est surement ma forte volonté de "baliser" mon sujet qui finalement apparaît là, malgré moi. Plus sérieusement je n'en sais rien.
Cécile a dit:
| Citation: | | Pour moi, un des facteurs du mal... est la surdité volontaire à la voix de sa conscience |
Oui, mais justement qu'est ce qui fait qu'on est sourd à sa conscience, qu'on est dans cette "absence à soi" dont je parle Il n'est pas normal qu'on soit sourd à sa conscience. Il est intéressant de débusquer cette surdité et de voir dans quels cas elle intervient. En effet, comme tu le constates, elle intervient --A cause de notre instinct grégaire --A cause de notre docilité, de notre obéissance à l'autorité ou à ce que nous identifions comme autorité (voir les expériences de Milgram, à ce sujet) --A cause de notre paresse, de notre peur devant nos responsabilités (nous reverrons plus en détail cette cause, plus tard) --A cause de notre amour-propre, qui nous fait craindre les moqueries, les colibets si nous ne faisons pas comme tout le monde. Il s'agit de donner aux autres l'image que nous voulons qu'ils aient de nous. Parfois nous en rajoutons de peur de paraître plus timoré que les autres.
Voilà effectivement ce qui met notre conscience dans un état de dépendance tel que c'est le corps social qui prend le pouvoir sur nous mêmes. Au point de commander à notre individualité et de faire faire à celle -ci des actes qu'elle ne ferait pas habituellement.
Je place cela dans les facteurs externes de notre abandon de conscience (quoique nous verront aussi que ça dépasse la notion de conscience).
Nous verrons dans la même catégorie de facteurs, des facteurs liés aux différentes philosophies, religions, doctrines sociologiques qui ont agit sur notre mentalité collective au point de nous faire admettre que notre nature était mauvaise et que cette absence de conscience était donc normale, puisque nous étions mauvais ( mais, c'est pour plus tard, j'invite maintenant tous ceux que ça intéresse à commenter ce premier point concerant le rôle du groupe social, de la collectivité dans l'émergence de "l'absence à soi" et donc du mal. |
|  | | kina
Inscrit le : 22 Sep 2006 Messages : 9
| Sujet: Re: Mal et amour-propre Ven 22 Sep - 19:21 | |
| Cécile,
J'ai pris connaissance de ton expérience avec tes voisins et tu dis plus haut qu'en France :
on ne défend pas l'opprimé contre l'oppresseur, le spolié contre le spoliateur. J'en ai fait de nombreuses fois l'expérience, malheureusement
D'après certains enseignements psy (PNL), tu fais une généralité d'un expérience passée et tu l'as transformée en CROYANCE. Ce qui veut dire, d'après cette science, que bien tu envisages de déménager, tu as beaucoup de chance de retrouver cette expérience CAR TU Y CROIS et que tu ne l'as pas réglée et de plus, cela se confirme, car elle se répète.
Essaye de retrouver l'origine de cette pensée 'on ne défend pas l'opprimé contre l'agresseur' : c'est ta programmation. La première fois c'était quand ? qu'est-ce qui s'est passé ? comment s'est résolu le problème ? (je pense qu'il n'y a pas eu de solution d'après tes propos) et tu as une blessure intérieure.
Pour casser le cycle, essaye de réagir différemment les autres fois (évite la fuite, ni la confrontation si tu n'oses pas) mais trouve une solution où tu regardes la situation différemment et interprète la autrement pour ne plus avoir à la SUBIR et à la FUIR.
Par exemple, au lieu de ne voir que des détracteurs, demande-toi par exemple qu'est-ce vivent au quotidien ces gens pour se refuser l'amour des autres ?
D'après une autre technique de développement de soi, cette situation |
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