 Forum spirituel : Bible, Coran, Révélation d'Arès La compréhension spirituelle dépasse les interprétations étroites et dogmatiques des religions, car la vérité, c'est que le monde doit changer !
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| | | | Auteur | Message |
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bruno72

Inscrit le : 10 Mai 2006 Messages : 5 Localisation : Le Mans
| Sujet: Maîtriser sa colère Sam 5 Aoû - 11:28 | |
| Je vais vous faire part d’une difficulté que je rencontre dans ma vie de père de famille, celle de maîtriseer ma colère.
Ma conviction est que la contrainte n’élève pas la conscience d’un individu, que ce soit dans le milieu familiale, professionnel ou ailleurs. « Heureux les doux, car il posséderont la terre » du Le Sermon sur la Montagne (Matt 5-4). Et le frère Michel (témoin de la Révélation d’Arès) dit : « Ne faites jamais preuve d’impatience ou de brusquerie envers nos petits ! » Et voilà, je suis tiraillé entre cette orientation de paix et de maîtrise de mes émotions d’une part, et mes habitudes violentes que je dois refreiner ainsi que les personnes qui m’entourent qui prennent pour du laxisme cette non violence.
D'autre part, chaque fois que la colère m’emporte, j’observe l’hébètement de mes jeunes enfants, comme si il arrivait un événement inimaginable pour eux. N’arrivons-nous pas à percevoir que la colère est déraison (perte de la raison), mais aussi un puissant destructeur d’amour. C’est peut-être bien cela que les enfants perçoivent dans notre colère : notre grande difficulté à les aimer comme il est légitime qu’ils soient aimés. C’est peut-être aussi la colère, les disputes ou même l’indifférence qui assèche l’amour des couples. Alors, peut-on véritablement reprocher aux jeunes enfants leurs bêtises ? J’ai pris le parti de leur expliquer avec douceur et imagination les conséquences de leurs maladresses et de leur méchanceté. Merci de me faire part de votre avis à ce sujet. Vous ressentez peut-être aussi la difficulté que j’éprouve à maîtriser mon tempérament…
Bien fraternellement. |
|  | | njama
Inscrit le : 03 Avr 2006 Messages : 365
| Sujet: Re: Maîtriser sa colère Mar 8 Aoû - 1:32 | |
| Bonjour Bruno J ai 3 enfants, mais ils sont plus âgés que les tiens, 18, 21 et 22 ans. Ils vont très bien, restent très proches de nous, et sont bien dans leur peau et nous semblent très heureux de poursuivre chacun leur petite route. Nos relations sont, je dois dire, très bonnes. J’en remercie Dieu tous les jours. Il m’est rarement arrivé de faire réellement « preuve » d’autorité sur mes enfants, 2 ou 3 fois peut-être mais pas plus. Et encore, ce n’est que le timbre de ma voix qui est fort différent. Je ne te connais ni toi, ni ta famille, ni l’âge de tes enfants. Tu me dis qu’ils sont jeunes.
| Citation: | | J’ai pris le parti de leur expliquer avec douceur et imagination les conséquences de leurs maladresses et de leur méchanceté. |
Je suis tout à fait d’accord avec toi sur ce point. C’est super et cela ne sert à pas grand chose de s’énerver.
Par contre sur la maîtrise des émotions, je reste perplexe et m’interroge Je ne comprends pas trop le sens de « brider » ses émotions, car je pense que c’est un langage de l’âme. Les enfants le comprennent fort bien du reste et savent compatir à nos soucis ou nos plaisirs selon les cas. Vivre ses émotions est un atout je pense, parce qu’on ne triche pas, on ne cache rien, et les enfants sont très demandeurs d’une grande sincérité de l’adulte quelque soient les circonstances. La tristesse s’affiche sur mon visage si je suis triste, ou le contraire si j’éprouve de la joie. Se laisser aller à rire ou … à pleurer. Je ne vois rien de négatif là-dedans, et je pense que c’est plutôt quelque chose que j’aime lorsque quelqu’un se laisse aller à ses émotions. C’est tellement pour moi un langage « fort », qu’aucun mot ne peut remplacer. Les femmes le font mieux en général que les hommes et ont beaucoup plus de talents pour ça, mais je pense que ce n’est qu’une question d’éducation.
J’ai beaucoup de mal à imaginer « la colère », cela me paraît très étranger à ma nature …( me suis-je mis en colère un jour ?), et à ma raison qui voudrait trouver une solution chaque fois qu’un problème se pose. Je te réponds, mais en considérant que tu n’as pas trop voulu rentrer dans les détails, que ton propos manque de nuances, et que, ce que tu désignes sous le nom de « colère », doit être de l’agacement, de l’énervement, de la contrariété, … bref, un sentiment qui exprime une situation conflictuelle avec tes états d’âme, mais pas quelque chose de périlleux, dangereux, fratricide, funeste, mortel … comme doit l’être j’imagine la colère « réelle », «l’ire » comme on disait dans les temps anciens.
Au départ, comme postulat, je pars de l’hypothèse que rien en toi à priori ne suscite ce sentiment. Il résulte donc bien d’une situation qui t’est extérieure qui le provoque. Et cela me paraît très normal d’y réagir (j’insiste), plutôt que de ne rien dire. C’est peut-être dans la manière de le faire que réside la différence. Si la réaction est un « emportement décousu », il n’est pas constructif, et c’est vrai comme tu dis que vu sous cet angle, la « colère » est déraison. Par contre, de dire « je ne suis pas content sur toi parce que … » ou « cela me rend triste parce que tu fais cela » … ou « je te dis NON à ce que tu me demandes. "Je ne veux pas me disputer avec toi, MAIS ..." , ou "je te dis NON, parce que je t’aime, et parce que je sais que ce que tu me demandes peut te mettre en danger … » C’est très différent et très porteur. L’enfant va connaître « ton sentiment », ce qui t’a blessé ou fait mal …, ou toute l’attention affectueuse que tu as pour lui. Les enfants (comme les adultes du reste) ont une grande soif de « très grande franchise ». Et leurs petites bêtises méritent-elles vraiment qu’on s’emporte ?
| Citation: | | Alors, peut-on véritablement reprocher aux jeunes enfants leurs bêtises ? |
(je suis bien d’accord) Qu’y a t-il de mieux dans la vie que quelqu’un qui nous offre toute sa totale confiance ? Mon épouse est directrice dans une grosse école maternelle et primaire, et je peux te dire que les enfants ne lui en veulent pas d’être parfois autoritaire, si cette autorité est juste, loyale, claire, authentique. C’est le sentiment propre « de justice » et « de justesse » qui crée l’autorité « vraie », sinon l’autorité n’est que coercition, interdiction pour l’interdiction.
| Citation: | | Ma conviction est que la contrainte n’élève pas la conscience d’un individu |
C’est bien vrai aussi !… elle ne peut créer que du ressentiment. Etre autoritaire, cela ne vaut rien et ne va amener que des réactions de résistances aussi idiotes que stériles. Savoir faire preuve d’autorité si nécessaire oui bien sûr, c’est naturel, parce qu’on a le souci de les protéger parce qu’on sait qu’ils se trompent (par ignorance surtout) et parce qu’on les aime. L’autorité ne se décide pas, ne se décrète pas, ne s’apprend pas, elle n’est pas un art. C’est pour moi « réagir » de façon juste, équitable, à une situation donnée, imprévisible par nature. Et on sait (tous) le faire, parce qu’il y a quelques principes très humanistes sur lesquels il n’y a rien à transiger, à négocier, comme par exemple le respect de l’Autre, qu’il soit le camarade, l’instituteur, ou le quidam que l’on croise dans la rue.
Là, je rejoins un peu (peut-être) le message d’Arès ( ?).
Je ne pense pas non plus que l’autorité (si besoin est) se partage. Si je peux me permettre de dire deux mots de notre propre expérience, c’est que dans notre couple, nous ne nous sommes jamais contredit sur une quelconque décision (tout au plus, cela a pu faire de rares fois, l’objet de discussions en aparté sans la présence de nos enfants), en sorte que nos enfants n’aient jamais été face à deux voix discordantes. C’est un parti que nous avons pris dès le départ de ne jamais nous contredire et de respecter la décision de l’autre et l’intensité réactive qui va avec. L’un ne doit pas déléguer à l’autre le rôle de père fouettard (éventuel) ! Sur ce principe, les quitteries ( petites disputes en vieux français) provoquées par les petites turpitudes de nos enfants, ou leurs petites agitations turbulentes et très occasionnelles n’ont jamais entamé notre relation de couple.
| Citation: | | notre grande difficulté à les aimer comme il est légitime qu’ils soient aimés. |
Il me faudrait écrire plein de chapitres là-dessus. Comment résumer ? Les enfants sont capables de s’amuser de peu, vraiment de petites choses, ils ne demandent qu’à « grandir », rentrer un peu dans les codes de « notre » monde d’adultes …, et leur curiosité est insatiable. Essayer de se mettre à leur portée, avec leur langage et beaucoup de baisers. Amitiès fraternelles à toute ta petite famille. |
|  | | cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: Re: Maîtriser sa colère Mar 8 Aoû - 11:02 | |
| | bruno72 a écrit: | Je vais vous faire part d’une difficulté que je rencontre dans ma vie de père de famille, celle de maîtriseer ma colère.
Ma conviction est que la contrainte n’élève pas la conscience d’un individu, que ce soit dans le milieu familiale, professionnel ou ailleurs. « Heureux les doux, car il posséderont la terre » du Le Sermon sur la Montagne (Matt 5-4). Et le frère Michel (témoin de la Révélation d’Arès) dit : « Ne faites jamais preuve d’impatience ou de brusquerie envers nos petits ! » Et voilà, je suis tiraillé entre cette orientation de paix et de maîtrise de mes émotions d’une part, et mes habitudes violentes que je dois refreiner ainsi que les personnes qui m’entourent qui prennent pour du laxisme cette non violence.
D'autre part, chaque fois que la colère m’emporte, j’observe l’hébètement de mes jeunes enfants, comme si il arrivait un événement inimaginable pour eux. N’arrivons-nous pas à percevoir que la colère est déraison (perte de la raison), mais aussi un puissant destructeur d’amour. C’est peut-être bien cela que les enfants perçoivent dans notre colère : notre grande difficulté à les aimer comme il est légitime qu’ils soient aimés. C’est peut-être aussi la colère, les disputes ou même l’indifférence qui assèche l’amour des couples. Alors, peut-on véritablement reprocher aux jeunes enfants leurs bêtises ? J’ai pris le parti de leur expliquer avec douceur et imagination les conséquences de leurs maladresses et de leur méchanceté. Merci de me faire part de votre avis à ce sujet. Vous ressentez peut-être aussi la difficulté que j’éprouve à maîtriser mon tempérament…
Bien fraternellement. |
Bonjour Bruno,
Je me suis souvent occupée d'enfants et je peux dire qu'il y a une différence entre douceur et laxisme. On peut être doux tout en étant ferme quand la situation l'exige, cela n'est pas incompatible. Le laxisme est comme l'excés de la colère, mais en sens inverse, à mon avis.
Quand nous étions petits, mon père entrait souvent dans de violentes colères. Dans ces moments-là, il était littéralement dépossédé de lui-même, de son sang-froid et complétement possédé par la colère qui échauffe l'esprit et fait perdre le bon sens. Non seulement sa colère l'atteignait lui, mais nous faisait souffrir nous. Nous ne comprenions pas la violence et la démesure de la réaction, alors les plus sensibles croyaient que c'était de leur faute, que c'était eux la cause de cette colère : terrible sentiment de culpabilité et d'incompréhension. :sad1:
Je crois qu'il est trés important que vous arriviez à vous maîtriser. Pourquoi ne pas expliquer votre démarche à vos enfants et vous en faire des alliés ? Les enfants ne sont pas bêtes et peuvent comprendre beaucoup de choses ; le Trés-Haut ne nous dit-il pas de les aimer, de les veiller et de les enseigner avec patience ? (Rév.d'Arès 36/20). Ou encore : Même quand ses yeux lancent des éclairs, il ne fulmine pas, mais il exhorte... (36/17) : Fulminer = Se laisser aller à une violente explosion de colère, éclater, s'emporter, exploser, invectiver, tempêter, tonner... Exhorter = S'efforcer par des discours persuasifs d'amener quelqu'un à faire quelque chose, encourager, inciter, inviter... On voit bien la différence entre ces 2 attitudes.
Et puis, ce n'est pas parce qu'ils sont petits qu'ils ne méritent pas d'être traités avec respect. Ce sont des hommes et des femmes en devenir, la façon de les éduquer, de les enseigner, l'image qu'on leur renvoit d'eux-mêmes est trés importante, c'est sur cette base éducative qu'ils vont se construire, devenir des forts, sûrs d'eux-mêmes ou au contraire des êtres en manque de confiance et /ou d'amour.. Il faut user de patience envers eux comme on use de patience envers soi-même et se mettre souvent à leur place ou dans leur peau en se demandant de quelle façon on aimerait être traités ou quel enseignement, quel exemple aimerait-on recevoir de la part des grands ? Etc... Cette petite gymnastique est assez efficace. Personnellement en tant qu'adulte, je n'apprécie pas que l'on se mette en colère contre moi ou que l'on me traite avec violence (physiquement et/ou moralement), alors j'imagine que les petits non plus n'aiment pas cela. Je crois que si vous savez les voir et les écouter, ils seront un franc indicateur de votre évolution spirituelle.
Pour conclure, quelques citations pleines de bon sens :
Un père n'est pas celui qui donne la vie, ce serait trop facile, un père c'est celui qui donne l'amour. Denis Lord
On n'enseigne pas seulement ce que l'on sait, on enseigne ce que l'on est. Jean Jaurès
Les vraies leçons, celles que l'enfant écoute, celles qui modèlent sa personnalité sont les actes que l'adulte accomplit. Éduquer un enfant, c'est s'offrir à lui en exemple. Martin Gray
Aide-moi à faire tout seul. Maria Montessori
Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques. Joubert Joseph
Vous êtes les arcs par qui vos enfants comme les flèches vivantes sont projetés. Khalil Gibran
Les enfants parlent parfois avec des mots mais ils disent le plus souvent l’essentiel avec des maux. Salome Jacques
L’enfant est un feu à allumer, pas un vase à remplir. Rabelais François
Il n'est pas des nôtres, celui qui n'est pas tendre envers nos jeunes, ne respecte pas nos vieux , ne prescrit pas le bien et n'interdit pas le mal. Mouhamad (Prophète du Coran) |
|  | | bruno72

Inscrit le : 10 Mai 2006 Messages : 5 Localisation : Le Mans
| Sujet: Merci pour votre témoignage Mar 8 Aoû - 22:15 | |
| Bien chers Njama et Cécile,
Merci du fond du cœur pour les réponses que vous avez apportées à mon message. Elles témoignent de votre manière d’être vis à vis des enfants. Je suis rempli de joie à l’idée que des enfants puissent s’épanouir dans un climat de respect et de paix. Je suis convaincu que cela leurs donnera de la force pour modeler à bras le corps notre monde bien malade.
Je regrette de ne pas avoir le temps d’y répondre avec réflexion, demain je serai en déplacement et jeudi, nous prenons la route pour prendre le feu quelques jours à Arès.
Mais je vais illustrer juste un point, concernant la maîtrise de ses émotions. Il y a quelques mois, au petit matin, nous étions un ami, mon garçon de 4 ans et moi sur sa terrasse à discuter. Et nous avons évoqué une situation qui m’a rempli d’une grande bouffée de tristesse. Je n’ai pu retenir mes larmes. Mon garçon m’a vu et j’ai perçu le même regard hébété d’incompréhension que celui qu’il a face à quelqu’un qui se met en colère. J’ai perçu combien ma tristesse était sclérosante pour ce petit bout d’homme. Il a du ressentir quelques chose comme : « Mais alors, papa, que ce passe-t-il ? Le monde est-il vraiment aussi triste ? » J’aurais mieux aimé pouvoir contenir cette tristesse et lui transmettre la joie de celui qui est lucide sur les faiblesses du monde et qui garde l’espoir qu’il ne nous est pas demandé plus que de porter ce que l’on peut porter jour après jour et qu’à force de courage, de réflexion, d’amour le monde change en bien. La joie m’est encore si peu naturelle. C’est pourtant une force considérable. J’apprends à l’intégrer autant qu’il m’est possible dans ma vie.
Merci encore pour votre témoignage.
Bien fraternellement
PS : Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’intégrerai votre réponse sur mon site où j’ai aussi publié l’article sur la colère. |
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