cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 737
| Sujet: On n'ira pas tous au "paradis" Jeu 14 Fév - 13:10 | |
| Dernièrement un artiste revenu de l'enfer de la drogue disait : « Quand je mourrais, j’irai au paradis, car j’aurais vécu toute ma vie un enfer. » En l'écoutant raconter cette partie de sa vie, je me demandais ce que je lui répondrai, si on m'en donnait l'occasion. Voilà en gros ce que je lui dirai : « Je comprends et je ressens ce que vous avez vécu, vous êtes revenu de loin, de très loin même, et c'est un véritable miracle que vous soyez toujours en vie aujourd'hui. Dieu vous a soutenu, non pas pour que vous continuez à vous détruire, mais pour que vous vous en sortiez. L'énergie que vous avez mis dans votre auto-destruction, il faut maintenant l'orienter vers votre auto-construction et faire preuve de patience et de tenacité dans cette auto-construction comme Dieu en a fait preuve, pendant toutes ces années où Il vous a tenu la main (voir La Révélation d'Arès XVI/9). Vous pouvez avoir vécu l'enfer sur terre et le vivre aussi dans l'au-delà, l'un n'empêche pas l'autre. Croire qu'en échange ou en proportion de sa douleur, on ira systématiquement au "paradis" est trompeur, parce qu'il y a dans cette affirmation, une espèce de complaisance envers soi-même, dans le sens qu'on a toujours tendance à ne retenir que sa souffrance et à faire l'impasse sur celle que l'on a infligé aux autres (il s'agit ici de consommation et de revente d'héroïne) et parce qu'il y a une sorte de macération intérieure qui ne pousse pas à se changer, mais à rester assis avec sa douleur voire même à l'idolâtrer, faute d'avoir trouver où orienter son espérance et ses efforts (voir La Révélation d'Arès X/2 → 5). Mais l'attente n'est pas le bon chemin pour trouver Dieu et le dolorisme n'est pas un passeport pour le Ciel. En revanche, la douleur que vous ressentez face à vous-même ou face à ce monde, est beaucoup plus salutaire si elle vous pousse à changer les choses qui vous font souffrir. En d'autres termes, le "paradis" n'est pas dans l'auto-destruction, dans la désespérance ou dans les ténèbres intérieures, mais au bout du changement. En parlant de "paradis", il faudrait aussi redéfinir le sens de ce mot. Le "paradis" n'est pas ce qu'on imagine, puisque la mort qui a précédé, a séparé le corps, l'esprit et l'âme. L'esprit et l'âme, si on en a une, ne peuvent trouver la félicité sans le corps, et inversement. Cette dissociation n'est pas le but de la vie humaine, c'est une anomalie due au(x) péché(s) des hommes. En fait de "paradis", il faudrait d'avantage penser à une attente du Jour de la Résurrection. Cette attente au "paradis" est certes moins difficile à vivre que pour ceux qui sont dans les ténèbres, mais elle n'est pas totalement heureuse puisque l'homme n'est complet qu'avec sa chair, son esprit et son âme. Les trois seront réunis au Jour de Dieu (voir la Bible, le Coran et La Révélation d'Arès 17/7). Pour ma part, je ne suis jamais sûre de pouvoir attendre ce Jour dans le Séjour du Père (Révélation d'Arès 20/4, 26/12, 33/18), parce que je crains toujours d'être en-dessous de ce que je devrais être et de ce que je devrais faire, au niveau spirituel. Pour reprendre une phrase du Coran (XIII/21) : « Je crains que mon compte ne soit très mauvais », cela m'évite de tomber dans l'orgueil ou dans l'autosatisfaction. |
|