cécile Admin

Inscrit le : 23 Sep 2005 Messages : 738
| Sujet: Fossés doctrinaux et frontières dogmatiques Mar 19 Fév - 13:10 | |
| [...] Pour moi, le Fond spirituel de tous ces croyants [les juifs, les chrétiens et les musulmans] était le même et c’est tout naturellement que j’ai prié avec mes frères à la synagogue, à l’église (ou au temple) comme à la mosquée. Rapidement, je me suis senti profondément blessé par les divisions de la famille d’Abraham. Les schismes, les querelles théologiques me semblaient autant de meurtrissures inutiles et d’obstacles absurdes à l’amour fraternel. Sans parler des guerres religieuses, qui m’ont horrifié… Plus je m'informais sur l'histoire des religions et plus il me semblait clair que le Créateur était au-delà des systèmes religieux qui parlaient en Son Nom, au-delà des étiquettes confessionnelles... À travers cette blessure vive, cette souffrance inconsolable, le Dieu Vivant a soufflé dans ma poitrine. Il m’a conduit à approfondir Sa Parole dans le sens de l’unité fondamentale et de la cohérence du prophétisme abrahamique. Il m’a donné d’entrevoir – en commençant à la vivre au plus profond de mon âme, notamment dans la prière -, une forme d’harmonie possible entre enfants d’Abraham, aujourd’hui séparés par la peur et les préjugés (quand ce n’est pas l’orgueil confessionnel ou une compétition partisane de type politicienne qui n’a plus rien à voir avec la spiritualité…), mais demain rassemblés sur la base de leurs valeurs spirituelles communes, au Nom du Dieu Unique. Sur ce chemin, la découverte de La Révélation d’Arès a été une étape décisive : Dieu, à travers un Message récent donné en France (à Arès, en 1974 et 1977) venait de confirmer l’unité des enfants d’Abraham et appelait – entre autre - à rétablir la paix, à inciter à la réconciliation et au pardon, à cicatriser les blessures du passé. [...] Lors de mon parcours personnel, il m’est souvent arrivé d’entendre « Tu ne peux pas en rester là, il est impossible d’être à la fois Juif, Chrétien et Musulman, il y a trop de différences… Tu dois choisir ! » A cela, il m’est arrivé de répondre « La Bible est ma mère et le Coran mon père, pourriez vous choisir entre votre père et votre mère ? Non, bien sûr ! Evidemment que les deux ont leur personnalité, leur caractère et leur sensibilité, mais ils se complètent à merveille – ils ont le même projet de Vie et les mêmes valeurs, même s’ils ne le formule pas toujours de la même façon…- et chacun m’apporte quelque chose que l’autre ne m’apporte pas ! Je les aime tous deux d’un cœur égal… que l’on ne me demande pas de choisir ! » Alors, peut-on se sentir en même temps Juif, Chrétien et Musulman ? Peut-on se sentir pleinement héritier de ces trois héritages sans se sentir écartelé, sans se sentir dans la confusion ? Peut-on se reconnaître, simplement, comme fils d’Abraham, au-delà des systèmes religieux, des confessions qui divisent la grande famille des enfants d’Abraham ? Sans hésitation je réponds « Oui ». Car telle est ma foi, telle est ma vie. Le Dieu auquel je crois est bien le Dieu de la Bible hébraïque, de l'Evangile et du Coran, inséparablement. Pour moi, ce Dieu est le même : le Dieu Unique et Créateur, Qui a parlé par les prophètes et appelle les hommes à revenir à Lui, pour retrouver la Vie, pour trouver enfin le bonheur. Il ne s'agit pas pour moi de fabriquer une sorte de bricolage syncrétique entre le judaïsme, le christianisme et l'islam, mais de rechercher sans cesse le coeur commun de ces trois héritages et de me dépouiller des traditions religieuses qui ne viennent pas de Dieu mais qui opposent les croyants. Il s'agit de revenir à l'essentiel et à la simplicité du coeur. Les divisions et les déchirements des croyants de la famille abrahamique ne viennent pas de Dieu, mais de l’histoire humaine. Dieu n’a pas voulu de systèmes religieux séparés, verrouillés, antagonistes, rivaux, mais l’unité. Non une unité totalitaire et appauvrissante, une unité de nivellement et d’uniformisation, mais une unité d’harmonie et de complémentarité naturelles et librement choisies, une unité dans la diversité et le foisonnement créateur des sensibilités infiniment variées. Les premiers Chrétiens n’envisageaient pas de créer une nouvelle religion, séparée de la foi juive et opposée à elle. La rupture douloureuse et conflictuelle entre judaïsme et christianisme est une péripétie historique, non une nécessité spirituelle. De même, les premiers Musulmans n’envisageaient pas de créer une nouvelle religion, l’antagonisme des Musulmans avec les Juifs et les Chrétiens fut également le fruit de l’histoire et non une nécessité spirituelle. L’éclatement de la famille abrahamique en une multitude d’églises et de systèmes religieux rivaux, chacun persuadé de détenir l’unique Vérité, n’est pas issu d’une volonté divine mais de la faiblesse humaine, de l’incapacité à vivre la diversité de façon ouverte, libre, non-conflictuelle, généreuse et humble. Oui, humble, car qui peut prétendre détenir la Vérité en plénitude ? Seul Dieu. Malheureusement, chaque religion issue d’Abraham a prétendu être le sommet de l’évolution spirituelle, la compréhension et la forme aboutie et définitive de la relation entre le Créateur et l’humanité. Ainsi, les enfants d’Abraham sont entré en compétition les uns avec les autres, ont creusé les fossés doctrinaux qui les séparent, érigé des frontières dogmatiques, oubliant que ce qui les rassemble est infiniment plus précieux que ce qui les oppose. Perdant de vue leur Fond commun spirituel, l’Essentiel partagé, ils ont focalisé sur les détails divergents, ont aggravé les antagonismes, se sont crispés sur leurs identités distinctes et leurs formulations dogmatiques exclusives, comme s’il s’agissait de garanties de salut. En faisant cela, ils ont oublié que le salut ne vient pas d’une doctrine, d’une formule, bref, d’une idée, mais d’un changement de vie, d’une conversion effective de tout l’être. En résumé, c’est l’amour vécu qui nous sauve et non une étiquette, une croyance religieuse, ou une «définition» de Dieu. Nul ne peut enfermer Dieu dans une définition, le restreindre à une formulation humaine, le limiter à une conception culturelle mutilante. Nul ne peut s’approprier Dieu.
Article tiré du blog de thierry, avec son autorisation. |
|